Mesure pour mesure

Scénographie

C’est une course vers la lumière, c’est une course vers l’ombre. Qui gagnera? Le pouvoir veut la lumière (sauf sur lui), les hommes veulent de l’ombre (leurs secrets leur appartiennent). Le pouvoir veut tout voir. Les hommes veulent se cacher.

Mais quand il n’y a rien pour se cacher: comment faire? Il faut démonter le pouvoir, et l’utiliser contre lui-même. L’utiliser pour se protéger. L’utiliser pour révéler ce qu’il cache. Mettre en lumière les zones d’ombres du pouvoir, et créer l’ombre pour se protéger du pouvoir.

L’espace est divisé en deux parties: une zone de jeu et une zone de hors-jeu. La zone de jeu est délimitée par un sol où toute l’action jouée se passera. Au centre de cette zone, un espace surélevé et où trône un sofa immense est le lieu où le pouvoir s’exerce et se complaît dans sa propre luxure. La zone de hors-jeu, autour de la zone de jeu, est là où le spectacle se crée, où il est contrôlé: les régies sont sur le plateau, dissimulées dans une cabine. Cette cabine, forteresse à l’allure imprenable, sera pourtant démontée par les personnages, révélant les vrais manipulateurs du spectacle, et dont les panneaux seront réutilisés pour se protéger de l’œil du pouvoir.

Les personnages sont les acteurs de leur propre libération: ils prennent le contrôle du pouvoir qui les manipule.