Romain Vigier

Scénographe, costumier, photographe, écrivain

Svadba d’Ana Sokolović, mise en scène Benoît Bénichou Costumes

L’héroïne aime un homme, mais ses parents la forcent à se marier à un autre. Nous assistons aux rituels précédant le mariage, pendant lesquels la future épouse se prépare avec ses amies.

Il fallait absolument ancrer l’histoire dans le concret: ce sont des jeunes filles d’aujourd’hui, et ce qui arrive à l’une aurait pu arriver à n’importe laquelle d’entre elles. Elles ont toutes un style au caractère affirmé, elles ne sont pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. L’amoureux vient du même milieu qu’elles: une jeunesse qui a une vision ouverte du monde et n’a pas peur de ses revendications.

Le futur marié et ses amis, en revanche, sont les produits d’une société machiste où l’homme a tous les droits sur la femme. C’est par l’argent qu’il va s’approprier sa femme.

Dès lors, soumises à l’autorité paternelle, les filles n’ont plus qu’à se soumettre aux rituels du mariage et perdre ce qui faisait leur identité.

Les costumes s’attachent à faire ressentir par la disparition et l’enfermement des corps l’oppression de la société patriarcale. Les filles sont réduites à un emballage sans visage, une marchandise que les hommes, dans leur position de domination, peuvent soumettre à leurs moindres désirs.